Si le vin est d’abord et avant tout une boisson aux mille délices gustatifs, il peut également s’envisager comme un placement permettant de diversifier sa gestion patrimoniale avec de belles perspectives de rendement. En effet, les vins de garde et les grands crus sont, par essence, produits en faible quantité, et peuvent être conservés plusieurs décennies sans altérer négativement leurs goûts – au contraire, même, en maintenant de bonnes conditions de vieillissement, ce sont des vins qui vont se bonifier. En parallèle, puisqu’un nombre croissant de propriétaires souhaiteront les déguster – et comment les en blâmer ? – le nombre de bouteilles en circulation tendra à diminuer. Ce tarissement des stocks, couplé à une demande qui n’a aucune raison de flancher – d’autant plus que le nombre d’amateurs fortunés est en constante progression – conduira à une appréciation de leur valeur.

En outre, le fait de posséder de grands crus, issus de nos riches terroirs, constitue à elle-seule une motivation supplémentaire pour se lancer dans l’aventure. Cela étant posé, et à l’instar de n’importe quelle autre classe d’actif – financier, immobilier, artistique, etc. – il convient de respecter certaines règles pour réussir son investissement.

1 – Acquérir un maximum de connaissances afin de maîtriser son sujet.

Sur le très long terme, la quasi-totalité des placements, des obligations d’Etat aux actions en passant par l’immobilier ou l’art contemporain, affichent des rendements positifs. Toutefois, tous ne sont évidemment pas égaux lorsque l’on compare leur taux de retour sur investissement, et à ce « petit » jeu, le vin s’en tire remarquablement bien. Pour ne citer qu’un exemple, entre 2007 et 2013, les grands crus se sont appréciés, en moyenne, de plus de 70%, alors même que, du fait de la crise économique violente de 2008-2009, le CAC 40 était en retrait de plus de 30% sur la même période. Bien sûr, tout investisseur avisé vous rappellera que les performances passées ne présagent en rien de l’avenir. Soit. Néanmoins, le fait est qu’il est réellement tentant d’investir dans ce placement – qui plus est symbole d’un certain art de vivre à la française.

Toutefois, tout comme pour les actions en bourse, une moyenne tend à masquer les disparités qui existent entre les différents actifs d’une même catégorie. Dit autrement, tous les vins ne se valent évidemment pas, sans même parler des écarts parfois conséquents entre les millésimes. Qui plus est, les acheteurs suivent des modes, et ne pas se tenir au courant de ces dernières peut s’avérer extrêmement dommageable. Par conséquent, nous ne saurions que trop vous conseiller d’enrichir au maximum votre culture sur l’œnologie – et, idéalement, de vous faire épauler par un expert et/ou un bon caviste – avant de procéder à vos premiers investissements dans le vin.

2 – Une liste – non-exhaustive – des vins à collectionner.

Au risque de nous répéter, placer son argent dans le vin ne peut se faire sans un minimum – et, idéalement, un maximum – de connaissances en la matière. Cela étant posé, la liste des principaux crus dans lesquels investir n’est pas très longue. Il y a, bien sûr, une quantité remarquable de domaines prestigieux dans l’Hexagone, mais ce sont surtout ceux dits « spéculatifs » qui nous intéressent ici, de par leur capacité à connaître des évolutions – relativement – rapides et marquées de leur valorisation.

Pour les Bordeaux ;

les crus les plus intéressants sont ceux classés du Médoc, ainsi que l’Angélus, l’Ausone, le Cheval Blanc, le Cos d’Estournel, le Ducru Beaucaillou, sans oublier le Pavie, le Petrus, ou bien encore Lynch Bages et le Pontet Canet.

Concernant ensuite les Bourgogne ;

Ce sont vers les domaines Coche-Dury, Leflaive, ainsi que Roumier et de la Romanée-Conti vers lesquels il convient de se tourner.

Les autres régions ont également quelques vins pertinents, mais qui sont plutôt rares – et globalement moins spéculatifs.

3 – Identifier les moyens d’acquisition les plus efficaces.

Il va sans dire qu’acquérir un grand cru n’est pas aussi simple que de se rendre à la caisse d’un supermarché, mais l’effort supplémentaire requis en vaut incontestablement la peine – encore faut-il préalablement connaître la meilleure source d’approvisionnement. Or celle-ci peut varier en fonction du vin qui aura retenu votre attention.

En effet, il existe tout d’abord une possibilité que l’on qualifie souvent de « voie royale », et qui consiste à acheter ses bouteilles en direct, c’est-à-dire auprès des domaines de production.

Cependant, les plus prestigieux se montrent extrêmement sélectifs dans le choix de leurs clients, et les particuliers n’ont quasiment aucune chance de pouvoir procéder ainsi.

Dès lors, il faut se tourner en primeur vers les négociants, en privilégiant les millésimes récents, pour la simple et bonne raison que les vins plus anciens ont le plus souvent déjà acquis une côte importante – d’où des perspectives de gain nécessairement plus limitées. Les ventes aux enchères, et/ou les cavistes spécialisés, constituent aussi une source d’approvisionnement à ne pas négliger – en particulier pour les vins de Bourgogne et les Bordeaux ayant déjà acquis une certaine maturité.

4 – Prendre soin de ses bouteilles

Cette règle peut paraître évidente, mais vos vins doivent être conservés dans les meilleures conditions possibles, à savoir au sein d’une cave à la température – fraîche, bien entendu – régulée en permanence de manière à limiter au maximum les variations. De la même manière, le taux d’humidité doit être surveillé, ainsi que les niveaux dans les bouteilles – en particulier pour les millésimes anciens.

Ainsi, même si l’âge du 20 avoisine les 30 ans, le niveau du liquide doit toujours atteindre le goulot.

Ces contraintes ont un coût, qui doit d’ailleurs être intégré au calcul de rentabilité finale pour en affiner le taux, mais elles sont impératives afin d’espérer revendre au meilleur prix possible.

5 – Savoir s’armer de patience … et ne pas oublier de profiter

Si vous avez pris soin de vous renseigner sur les vins que vous avez acquis, il est plus que probable que, sur le moyen-long terme, ceux-ci verront leur valeur s’apprécier, et le moment venu, vous pourrez décider de les céder.

A cet instant, vous constaterez tout d’abord que le marché du vin n’est – sans mauvais jeu du mots – pas très liquide, c’est-à-dire qu’il ne permet pas, comme avec une action d’une grande société du CAC, de réaliser des ventes en quelques minutes.

De fait, les enchères sont la méthode la plus efficace pour concrétiser vos plus-values, et ce même si vous devrez faire preuve de patience, et vous acquitter de frais situés autour des 15%. Quant à la fiscalité, elle est extrêmement avantageuse vis-à-vis d’autres investissements, puisqu’il y a une exonération pour les ventes inférieures à 5000 € – par lot – et un abattement de 10% par année de détention au-delà de deux ans.

Enfin, n’oubliez pas que le placement dans le vin doit rester limité en taille au sein de votre patrimoine, à hauteur de 5 à 10% environ au maximum, et surtout qu’il doit aussi être un plaisir.

Savoir « sacrifier » une bouteille à l’occasion pour expérimenter les délices d’un grand cru à maturité peut ne pas être rationnel sur le plan économique, mais féérique sur le plan gustatif.

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